26 mai 2012
par Christophe Clergeau
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Free the data

J’intervenais jeudi 24 juin devant le public de « l’open data week » à Nantes. Vous trouverez ci-dessous l’intervention que j’y ai prononcé. Après un an de travail la région a décidé de rejoindre le mouvement de l’open data en libérant près de 150 jeux de données. Les biens publics, la gratuité et la liberté d’accès et d’usage doivent prendre le dessus dans le monde du numérique.

« Pour les acteurs du numérique, l’open data est quelque chose qui va de soi. Pour les élus, la première fois est une découverte, un choc, une interpellation comme celle que j’ai vécue il y a un an lors d’un débat public, et qui a nécessité le temps de la réflexion. Pour nous, l’open data est une remise en cause, un travail sur soi-même et une mobilisation des collectivités. Un travail qui n’est possible qu’avec le concours des associations comme « Liber’TIC » ainsi que des acteurs de la communauté numérique locale comme ADN, Atlantic2.0 ou l’Alliance libre qui nous apportent d’autres expériences et nous accompagnent.

Nous avons donc mené une réflexion au sein du Conseil régional avec les élus, les services et le Président Jacques Auxiette, pour aboutir aujourd’hui à des décisions. Le rendez-vous de cette semaine sert aussi de point de repère pour dire « maintenant il faut qu’on avance et qu’on aille au bout des choses ».

La première question que nous nous sommes posés est celle du statut de l’information. Quelles données doivent être privées, protégées ? Qu’est-ce qui peut être marchand ? Qu’est-ce qui doit être considéré comme un bien public, ouvert au plus grand nombre ? Ce débat traverse aujourd’hui tous les enjeux du numérique. Il est présent sur certains réseaux sociaux, notamment ceux qui veulent protéger la vie privée en essayant de concurrencer Facebook. Il est présent dans le cloud computing : on va retrouver les mêmes problématiques, historiquement autour du logiciel libre et aujourd’hui avec l’open data.

Notre choix, c’est à la fois de respecter et protéger la vie privée, et de donner aux citoyens le choix de l’outil numérique, de limiter l’ampleur de la sphère marchande et d’aller vers une part plus importante des outils libres et ouverts qui peuvent être appropriés par les citoyens et par tous les acteurs du numérique.

La deuxième question que nous nous sommes posée est celle de la transparence. Finalement, a-t-on des choses à cacher ? À travers l’open data, les réalités des politiques publiques seront mieux connues, mieux appropriées, mieux mises en débat qu’elles ne l’étaient jusqu’à présent, pour servir encore plus les habitants dans leur vie quotidienne. Notre choix, c’est celui de la transparence en assumant une dimension de citoyenneté numérique qui passe par l’ouverture des données.

La troisième question a été celle de l’innovation puisque l’open data est un outil d’innovation sociale et citoyenne, et d’innovation économique.

La quatrième question, celle de la cohérence territoriale, nous a permis de nous interroger : faut-il faire quelque chose d’autonome ou faut-il se rallier à la stratégie de nos collègues ? On a choisi de mutualiser et d’avoir une plateforme unique avec Nantes Métropole et le Conseil Général, pour avoir des jeux de données assez proches qui donneraient un impact supplémentaire pour les citoyens et les entreprises, et pour simplifier la mobilisation des données..

Avec l’open data, notre territoire est exemplaire et sans équivalent en France : ce sont trois niveaux de collectivités qui se rassemblent en ouvrant autour de 100/150 jeux de données tous disponibles d’ici à la fin de l’année sur la version 2 de la plateforme !

Il me reste maintenant à vous dévoiler ce qui sera ouvert. Nous allons ouvrir l’ensemble des données budgétaires et des données de la vie démocratique du Conseil régional : les délibérations et l’ensemble des rapports. Nous faisons là un choix de transparence totale de la vie de l’institution afin que toutes les données puissent être ouvertues et  appropriées par les citoyens.

Le second bloc, c’est la connaissance du territoire régional. Tout ce qui est lié aux observatoires régionaux, toutes les données factuelles des secteurs économiques ou de la société régionale. L’inventaire du patrimoine et tous les agendas régionaux, notamment culturel, en feront également partie.

Les compétences régionales constituent le troisième bloc. Nous allons libérer toutes les données sur les aides économiques, sauf celles sur les personnes physiques, mais toutes les aides individuelles aux entreprises seront ouvertes avec leur localisation et leur secteur d’inscription. Les données factuelles sur les lycées et les centres de formation d’apprentis seront libérées, également toutes les données budgétaires, y compris les aides aux jeunes, et celles relatives à l’offre de formation.

Dernier exemple, celui de la mobilité et des transports mais pour les horaires en temps réel nous devrons négocier avec la SNCF car nous sommes copropriétaires des données.

À la fin de l’année, nous aurons autour de 150 jeux de données disponibles. Notre volonté est triple : accélérer le data journalisme, favoriser la citoyenneté numérique et encourager l’innovation des entreprises autour de la mobilisation de ces données.

Nous sommes très heureux de ce chemin parcouru. Je remercie tous les acteurs qui se mobilisent pour avancer dans le même sens et aident les élus à s’approprier ces enjeux plus rapidement et préparer leurs décisions politiques.

23 mai 2012
par Christophe Clergeau
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Mener le combat pour les industries navales et maritimes en France comme en Europe

Göteborg, 21 et 22 mai, près de 1000 participants aux journées européennes de la mer planchent autour de la promesse d’une « croissance bleue ». L’Union européenne promeut une politique maritime intégrée qui marque une ambition nouvelle en la matière.

Saint-Nazaire, aujourd’hui 23 mai, les salariés de STX, et toute la population se retrouvent dans la rue pour défendre l’emploi menacé dans les chantiers navals. 4 jours plus tôt, le MSC Divina a pris la mer et il ne reste plus qu’un paquebot en construction dans le chantier.

Ces deux événements simultanés montrent le paradoxe auquel sont confrontées les industries maritimes.

Les perspectives de moyen et long terme sont excellentes. Le développement des énergies marines renouvelables offre une formidable opportunité de diversification. Le succès des croisières, le besoin de bateaux plus verts et plus sûrs ainsi que de bateaux de haute technologie, redonnent à l’Europe des atouts pour continuer la construction de navires d’exception. La redécouverte des potentiels de la mer relance l’intérêt pour les océans et le besoin de bateaux, d’infrastructures portuaires et de structure flottantes complexes pour explorer l’océan et valoriser ses ressources.

Mais à court terme les signaux sont au rouge. Surcapacités dans les flottes, blocage des financements dans la crise, concurrence accrue dans le monde, fragilisent et menacent les chantiers européens.

De bons samaritains proclament la fin de la construction navale et l’émergence d’une industrie maritime nouvelle centrée sur l’énergie et la valorisation des océans, dans laquelle les bateaux ne représenteraient plus qu’une activité secondaire. A contrario, certains acteurs traditionnels de la navale se replient sur une stratégie strictement défensive en demandant des aides uniquement centrées sur la production des navires.

Une alternative à cette opposition me semble possible et nécessaire Depuis maintenant près d’un an et à l’initiative de la région des Pays de la Loire, 20 régions européennes défendent une stratégie industrielle européenne offensive et qui refuse de renoncer à la construction navale.

Comme je l’ai indiqué à Göteborg : « Il ne s’agit pas pour nous simplement de réclamer des aides pour les chantiers navals. Nous devons sauver les chantiers parce qu’ils sont le socle des industries maritimes. Si elle renonce aux grands chantiers l’Europe renonce à son ambition maritime. Mais les régions sont aussi tournées vers l’avenir. Nous croyons avant tout à la vocation de l’Europe de construire des bateaux, des bateaux différents, plus sûrs, plus verts, de plus haute technologie, et de mobiliser les compétences  des industries navales pour mener une politique active de diversification dans l’ensemble des secteurs des industries maritimes : énergies marines renouvelables, plateformes off shore, oil and gas, infrastructures portuaires et littorales,… ».

Pour continuer l’aventure de la construction navale, notre industrie doit profondément changer et prendre le tournant des industries maritimes. Mais nous devons le faire en préservant les savoir-faire et l’outil industriel, en protégeant les emplois et les salariés. Il est hors de question d’accepter que l’avenir des industries maritimes se construise sur les ruines de la construction navale. C’est une transition et une diversification qu’il nous faut gérer et non une rupture qui laisserait exsangue notre industrie et le terrain libre à la concurrence asiatique.

Les ingrédients d’une politique industrielle forte sont connus : l’innovation, l’investissement, la formation, l’ouverture à de nouvelles approches et de nouveaux partenariats, l’action collective des entreprises pour organiser une filière solidaire et cohérente, et l’accès au financement, notamment bancaire, sans lequel rien n’est possible.

Cette stratégie doit être menée simultanément au niveau régional, national et communautaire. La région des Pays de la Loire s’est engagée dans cette direction depuis plusieurs années, nos dispositifs sont appréciés même si ils sont toujours perfectibles. Au lendemain de la victoire de la gauche à l’élection présidentielle nous attendons, après la confirmation des élections législatives, le renouveau d’une véritable politique industrielle nationale. L’Europe est également face à des rendez-vous importants puisqu’elle révise actuellement toutes ses politiques et stratégies d’intervention pour la période 2014-2020.

C’est donc simultanément à tous ces niveaux que j’ai choisi de me battre car si un seul nous fait défaut ce sont les chances de succès toutes entières qui se trouveraient menacés. A Saint-Nazaire comme à Paris, à Göteborg comme à Bruxelles, c’est le même combat que les élus régionaux mènent pour l’avenir de la navale au cœur des industries maritimes.

 

 

18 mai 2012
par Christophe Clergeau
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Parler le François Hollande en 15 mots clés

Pas à pas, François Hollande a construit au fil de sa campagne une pensée politique originale qui peut servir de socle pour la refondation du PS. Réformiste à coup sûr, mais ni radsoc ni socdem, le chemin proposé par François Hollande est ancré dans plusieurs traditions du mouvement socialiste mais réellement nouveau et adapté aux défis de notre temps. Le gouvernement devra le mettre en œuvre, et le Parti Socialiste l’accepter comme son corps de doctrine pour mieux défendre et faire partager l’action menée autour du Président de la République.

Cette offre politique permet de définitivement dépasser l’opposition stérile entre première et deuxième gauche. Le première gauche est morte en 1983 au moment du tournant de la rigueur. La seconde s’est évanouie quand elle laissé en chemin l’exemplarité et l’innovation sociale pour ne garder de l’héritage de Pierre Mendès-France et de Michel Rocard le seul souci du sérieux économique. A trop vouloir inscrire ses débats dans les sillons du dernier 20ème siècle le parti Socialiste a longtemps raté son rendez-vous avec la société du 21ème. François Hollande lui offre aujourd’hui une chance et reconstruire un lien solide avec le pays pour, enfin, durer et réussir à gauche.

Au cœur de la démarche de François Hollande figure d’abord le sens de la République sociale, développé lors du discours du Bourget. C’est bien autour de la République et du combat pour la justice sociale que l’on peut construire du commun, rassembler et réparer la France, offrir à chacun la considération à la quelle il a droit, quelle que soit sa nationalité ou son origine,  et l’inciter à contribuer à une nouvelle aventure collective qui dépasse les peurs et les égoïsmes. La justice sociale est la condition du rassemblement et le levier de la mobilisation pour progresser tous ensemble.

Connaître la France, entretenir un rapport intime, presque charnel, à la diversité de ses territoires, c’est pouvoir penser leur développement solidaire, ne pas opposer les villes et les campagnes. C’est aussi faire confiance aux territoires et à leurs élus, croire que l’avenir du pays se construit dans un nouveau rapport de partenariat entre l’Etat et les collectivités locales. C’est enfin vouloir une nouvelle étape de la décentralisation qui donne aux régions les moyens de préparer l’avenir et reconnaisse la nécessité d’adapter les politiques publiques aux réalités locales.

La politique exige aujourd’hui de combiner à tout moment réalisme et sens aigu des rapports de force, exemplarité des comportements et des pratiques, progressivité de l’action publique qui nécessite de grands talents de pédagogues, et sens du dialogue social fondé sur le respect des partenaires et recherche du compromis. Il s’agit de réconcilier ce qui hier s’opposait, de choisir la politique du temps long et des partenariats sans renoncer à la volonté transformatrice et au rôle d’impulsion de l’Etat.

Cette culture politique est nouvelle à gauche. Cette synthèse là est précieuse après cinq ans de Sarkozysme fondé sur le mépris du mouvement social et le rythme effréné des réformes imposées ou jamais mises en œuvre. Les premières décisions du gouvernement en matière d’exemplarité avec notamment le respect de la parité, la place de la diversité, et la fin des cumuls entre les fonctions de Ministre et l’appartenance à un exécutif local montrent que les engagements pris sont sincère et qu’une nouvelle culture de la vie publique peut s’imposer.

La gauche renoue également avec le monde des innovateurs et des producteurs. Le sérieux économique et l’engagement européen restent des valeurs fortement ancrées dans notre identité. Mais ces valeurs, prises isolément et abordées de manière statique, ne peuvent mener qu’au conservatisme libéral et à la soumission à l’ordre financier international. L’Europe est légitime si elle est mise au service de l’emploi et du progrès social. Le sérieux économique n’est qu’un outil, un instrument de l’action publique. La santé de notre société repose sur l’innovation et la valorisation des producteurs, salariés comme entrepreneurs. L’innovation n’est pas seulement technologique mais aussi centrées sur les services, le développement durable, le lien social, la culture. Le redressement productif, et le retour de la politique industrielle, sont le socle de notre richesse, permettant d’offrir la gamme la plus large d’emplois notamment manuels.

Enfin, avec François Hollande la gauche remet au cœur de son projet la jeunesse, l’éducation et la créativité. Confiance dans la jeunesse, confiance dans la connaissance, confiance dans la liberté de créer, dessinent le visage d’une société tournée vers l’avenir, offensive et solidaire, une société qui arme les citoyens, qui leur donne les moyens de s’épanouir, de comprendre le monde qui les entoure, et de maîtriser collectivement ses mutations.

Chacun trouvera dans ces principes les traces de l’héritage de François Mitterrrand, de jacques Delors, de Michel Rocard ou de Pierre Mendès-France. L’essentiel est aujourd’hui de porter cette synthèse comme un bloc, comme un ensemble cohérent, assumé et porté par tous, pour ensemble réussir à gauche.

17 mai 2012
par Christophe Clergeau
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Hollande dans le texte

Le 5 mai, Le Monde publiait un échange entre François Hollande et Edgard Morin. Quelques jours après l’élection présidentielle, ce texte garde toute son actualité et j’ai donc souhaité vous le faire partager.

Inscrire la gauche dans la durée

« La gauche doit porter de grands espoirs, mais elle ne peut pas se réduire à de grands moments. Sa vocation n’est pas d’intervenir tous les vingt ans pour faire des réformes. Je veux au contraire inscrire la gauche dans la durée. Je ne suis pas candidat pour écarter la droite, introduire quelques innovations politiques et sociales, et ensuite laisser la place. Je veux initier une transformation de la société à long terme qui puisse convaincre au-delà même de la gauche.

Ma responsabilité est d’être le président de la sortie de crise. Cela suppose une transition économique, énergétique, écologique, générationnelle aussi, qui permette à la jeunesse d’accomplir son propre destin. A chaque époque, la gauche doit savoir pourquoi elle combat. C’est pour permettre ce passage d’une société à une autre, d’une époque à une autre. Pour permettre à la France d’entrer dans le XXIe siècle. »

Le progrès est encore une idée féconde

« Le progrès n’est plus une idéologie. Mais c’est une idée encore féconde. Je suis un militant du progrès. L’action politique doit permettre à l’humanité d’avancer et à l’individu d’espérer un sort meilleur. Je réfute toutes les idées qui mettent en cause le progrès scientifique, social et écologique. Pour autant, on ne peut plus croire à l’automaticité de la croissance, à une mécanique qui conduirait, par les forces du marché ou au contraire par l’intervention de l’Etat, à une amélioration du pouvoir d’achat ou de la qualité de la vie. Rousseau nous l’a appris : il n’y a pas d’équivalence entre progrès technique et progrès moral, entre progrès économique et progrès humain. Nous devons nous battre pour un progrès humain, solidaire, mondial.

C’est là qu’intervient la distinction entre le marchand et le non-marchand – tout ce qui ne peut pas être réduit à l’échange et à la valorisation. Le rôle de la gauche est de veiller à ce que le marchand soit efficace et compétitif, mais aussi de développer le non-marchand. »

La mondialisation est une construction politique

« La mondialisation n’est pas une loi de la physique ! C’est une construction politique. Ce que des hommes ont décidé et construit, d’autres hommes peuvent le changer. Le politique doit intervenir pour lutter contre l’économie de casino et la spéculation financière, pour préserver la dignité du travailleur et fonder la concurrence sur des normes environnementales et sociales. »

7 mai 2012
par Christophe Clergeau
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Enfin les difficultés commencent pour nous !

C’est par ces mots que Bracke-Desrousseaux concluait le 10 mai 1936 le conseil national de la SFIO qui se tenait quelques jours après la victoire du Front Populaire. Je ne peux m’empêcher de penser à cet épisode de notre histoire collective au lendemain de la victoire de François Hollande. Cette victoire est bien celle du changement et de l’espérance, mais dans un contexte difficile qui demandera beaucoup de rigueur, de pédagogie et de progressivité dans l’action.

L’espoir et le soulagement était dans les esprits hier soir. La soif de justice et de considération, l’espoir d’un changement réel et durable de notre société, l’aspiration à de nouvelles perspectives d’avenir pour tous. Mais aussi le soulagement de voir la fin de la parenthèse Sarkozyste, et l’envie profonde de retrouver le sens du dialogue, du respect et du vivre ensemble.

Néanmoins, la joie restait toujours raisonnée car chacun gardait à l’esprit la difficulté de la tache. Le niveau du chômage et de la dette, les tensions sociales, les plaies d’un pays miné par l’esprit de division, sont autant d’obstacles sur le chemin du Président de la République. Plusieurs années d’action progressive et continue seront nécessaires pour redresser notre pays.

Le Parti Socialiste va devoir faire preuve d’engagement et de cohérence dans l’exercice du pouvoir, concilier discours de vérité et ambition transformatrice, urgence sociale et rythmes de l’action publique. Ni critiques, ni godillots, tel pourrait être le mot d’ordre d’une nouvelle culture de gouvernement, loin du zapping traditionnel entre passivité contemplatrice et contestation stérile.

L’enjeu est aujourd’hui de construire à chaud une nouvelle pratique politique qui combine action gouvernementale, créativité renouvelée, cohérence entre l’action locale, nationale et européenne, et dialogue continu avec les citoyens, les intellectuels et le mouvement social. A trop avoir évité ce rendez-vous avec elle-même, la gauche s’est montrée incapable de durer au pouvoir. Ce défi est désormais devant nous, incontournable. Car la France a besoin de cette gauche rénovée capable de réparer le pays et de lui proposer une nouvelle perspective historique.

 

« Enfin, les difficultés commencent pour nous !

Ces difficultés, nous les avions appelées, espérées, nous les avions entrevues aussi, nous, les vieux.
Une ère nouvelle s’ouvre pour notre parti.
Il n’y a pas parmi nous d’homme qui ne se déclare prêt – devant le monde entier s’il le faut – à prendre toutes ses responsabilités pour que la réalisation du commencement de la bataille –car ce n’est qu’un commencement ! – soit opérée dans des conditions qui rendront efficace la préparation de la société que nous construisons pour le monde du travail. »