Free the data

| 0 Commentaires

J’intervenais jeudi 24 juin devant le public de « l’open data week » à Nantes. Vous trouverez ci-dessous l’intervention que j’y ai prononcé. Après un an de travail la région a décidé de rejoindre le mouvement de l’open data en libérant près de 150 jeux de données. Les biens publics, la gratuité et la liberté d’accès et d’usage doivent prendre le dessus dans le monde du numérique.

« Pour les acteurs du numérique, l’open data est quelque chose qui va de soi. Pour les élus, la première fois est une découverte, un choc, une interpellation comme celle que j’ai vécue il y a un an lors d’un débat public, et qui a nécessité le temps de la réflexion. Pour nous, l’open data est une remise en cause, un travail sur soi-même et une mobilisation des collectivités. Un travail qui n’est possible qu’avec le concours des associations comme « Liber’TIC » ainsi que des acteurs de la communauté numérique locale comme ADN, Atlantic2.0 ou l’Alliance libre qui nous apportent d’autres expériences et nous accompagnent.

Nous avons donc mené une réflexion au sein du Conseil régional avec les élus, les services et le Président Jacques Auxiette, pour aboutir aujourd’hui à des décisions. Le rendez-vous de cette semaine sert aussi de point de repère pour dire « maintenant il faut qu’on avance et qu’on aille au bout des choses ».

La première question que nous nous sommes posés est celle du statut de l’information. Quelles données doivent être privées, protégées ? Qu’est-ce qui peut être marchand ? Qu’est-ce qui doit être considéré comme un bien public, ouvert au plus grand nombre ? Ce débat traverse aujourd’hui tous les enjeux du numérique. Il est présent sur certains réseaux sociaux, notamment ceux qui veulent protéger la vie privée en essayant de concurrencer Facebook. Il est présent dans le cloud computing : on va retrouver les mêmes problématiques, historiquement autour du logiciel libre et aujourd’hui avec l’open data.

Notre choix, c’est à la fois de respecter et protéger la vie privée, et de donner aux citoyens le choix de l’outil numérique, de limiter l’ampleur de la sphère marchande et d’aller vers une part plus importante des outils libres et ouverts qui peuvent être appropriés par les citoyens et par tous les acteurs du numérique.

La deuxième question que nous nous sommes posée est celle de la transparence. Finalement, a-t-on des choses à cacher ? À travers l’open data, les réalités des politiques publiques seront mieux connues, mieux appropriées, mieux mises en débat qu’elles ne l’étaient jusqu’à présent, pour servir encore plus les habitants dans leur vie quotidienne. Notre choix, c’est celui de la transparence en assumant une dimension de citoyenneté numérique qui passe par l’ouverture des données.

La troisième question a été celle de l’innovation puisque l’open data est un outil d’innovation sociale et citoyenne, et d’innovation économique.

La quatrième question, celle de la cohérence territoriale, nous a permis de nous interroger : faut-il faire quelque chose d’autonome ou faut-il se rallier à la stratégie de nos collègues ? On a choisi de mutualiser et d’avoir une plateforme unique avec Nantes Métropole et le Conseil Général, pour avoir des jeux de données assez proches qui donneraient un impact supplémentaire pour les citoyens et les entreprises, et pour simplifier la mobilisation des données..

Avec l’open data, notre territoire est exemplaire et sans équivalent en France : ce sont trois niveaux de collectivités qui se rassemblent en ouvrant autour de 100/150 jeux de données tous disponibles d’ici à la fin de l’année sur la version 2 de la plateforme !

Il me reste maintenant à vous dévoiler ce qui sera ouvert. Nous allons ouvrir l’ensemble des données budgétaires et des données de la vie démocratique du Conseil régional : les délibérations et l’ensemble des rapports. Nous faisons là un choix de transparence totale de la vie de l’institution afin que toutes les données puissent être ouvertues et  appropriées par les citoyens.

Le second bloc, c’est la connaissance du territoire régional. Tout ce qui est lié aux observatoires régionaux, toutes les données factuelles des secteurs économiques ou de la société régionale. L’inventaire du patrimoine et tous les agendas régionaux, notamment culturel, en feront également partie.

Les compétences régionales constituent le troisième bloc. Nous allons libérer toutes les données sur les aides économiques, sauf celles sur les personnes physiques, mais toutes les aides individuelles aux entreprises seront ouvertes avec leur localisation et leur secteur d’inscription. Les données factuelles sur les lycées et les centres de formation d’apprentis seront libérées, également toutes les données budgétaires, y compris les aides aux jeunes, et celles relatives à l’offre de formation.

Dernier exemple, celui de la mobilité et des transports mais pour les horaires en temps réel nous devrons négocier avec la SNCF car nous sommes copropriétaires des données.

À la fin de l’année, nous aurons autour de 150 jeux de données disponibles. Notre volonté est triple : accélérer le data journalisme, favoriser la citoyenneté numérique et encourager l’innovation des entreprises autour de la mobilisation de ces données.

Nous sommes très heureux de ce chemin parcouru. Je remercie tous les acteurs qui se mobilisent pour avancer dans le même sens et aident les élus à s’approprier ces enjeux plus rapidement et préparer leurs décisions politiques.

Laisser un commentaire

Champs Requis *.

*